Lundi 19 mai 2008
ZAMIR DIKHO : Monsieur Copé bonjour. Alors, où en êtes-vous arrivés sur votre réflexion à propos de cette nouvelle télévision publique promise par le Président de la République ?

 

JEAN FRANCOIS COPE : Je crois qu’aujourd’hui, nous sommes arrivés à une base solide qui va permettre à la télévision française publique de pouvoir muter et de présenter un visage anobli au reste du monde. Nous avons les outils nécessaires pour mettre en pratique ce qui devrait nous mettre en pole position de tous les pays européens. Avec notre commission, nous en sommes arrivés à un constat grave. C’est à dire que, selon nos recherches, nous nous sommes aperçus que le service public ne remplissait pas ses fonctions comme il le devrait. La société a changé, Internet s’est considérablement renforcé dans chaque foyer. Il est important que des chaînes financées, en partie par le gouvernement, soient à la hauteur de ses ambitions. Car il ne faut pas se tromper, nous avons entre nos mains un outil formidable, possible formateur de nos enfants. Il faut être visionnaire sinon, gare au retour de bâton. J’ai eu la possibilité de rencontrer des gens formidables durant cette réflexion et je me suis nourri d’eux pour arriver à ce formidable projet. Nous sommes arrivés au constat suivant : trop d’écrans publicitaires matraquaient cette télévision. Cela ne fait pas partie de la mission publique, des chaînes privées s’en chargent déjà. Aussi, le niveau atteint par certaines chaînes de ce groupe était devenu très bas.

 

ZAMIR DIKHO : Vous avez des noms à avancer, vous qui êtes censé ne pas pratiquer la langue de bois ? Vous avez même écrit un livre à ce sujet.

 

JEAN FRANCOIS COPE : Vous avez raison, je ne mâche pas mes mots. Ce n’est pas pour rien que certains m’appellent langue de bœuf d’ailleurs. Oui alors des noms, c’est très simple, par exemple j’ai trouvé cela très sain que Daniel Schneidermann soit enfin retiré de l’antenne l’année dernière. Cet espèce de Fogiel haut de gamme était irritant et tout le monde savait bien que dans le boulot, c’était une véritable ordure. Enfin, si Libération y trouve son compte en lui refilant quelques centimes pour son chat bidon, soit. Je pense aussi qu’à la fin de la saison, il serait bon qu’un type comme Moati aillent voir là-bas si j’y suis. Son émission a fait son temps, je crois. Il serait bon de la remplacer, le fils de PPDA est sur les rangs. Vous comprenez bien que si l’on ne répond pas aux attentes des français en ne leur mettant pas de beaux visages bien faits, ils vont allez se réfugier vers le privé. Et alors il ne faudra pas leur en tenir rigueur. Une étude du CNRS indique que l’homme est de plus en plus beau et que d’ici dix ans, à peu près, il n’y aura plus de laids sur terre. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont des chercheurs, moi je ne fais que m’appuyer sur des rapports, des évaluations. J’ai adoré faire l’émission de Michel Drucker. Et bien qu’il soit proche du pouvoir, je pense qu’il est temps pour lui de donner sa place. Il a rendu de grands services à notre nation mais maintenant je pense qu’il est temps de passer à la vitesse supérieure et de laisser la case du dimanche après-midi à quelqu’un capable de revitaliser et d’éduquer le public. C’est pourquoi j’ai avancé le nom de Julien Lepers qui a toujours été discret sur sa sexualité en plus de ça. Ce qui n’a pas toujours été le cas de M. Drucker, qui a failli rater la marche à maintes reprises dernièrement. Il faut vraiment que nous arrivions à instaurer un contrat de confiance avec les français. J’aimerais que Julien Lepers puisse faire un Question pour un Champion qui occupe toute cette case du dimanche après-midi. Tout le décor serait en 3D, j’ai un neveu qui en fait et il s’en sort très bien. Il a déjà proposé toute une série de possibilités. Monsieur De Carolis semble tout à fait intéressé par cette idée.

 

ZAMIR DIKHO : Mais alors Monsieur Copé comment va être réglé ce manque de sous si vous veniez à supprimer les écrans publicitaires du service public ?

 

JEAN FRANCOIS COPE : Nous allons devoir passer par une hausse de la redevance, je dois l’avouer. Je sais que cela ne fera plaisir à personne à commencer par moi. Mais nous sommes dans une politique de transparence alors il faut bien dire les choses maintenant, plutôt que les français découvrent par courrier que leur redevance a augmentée et qu’ils soient au pied du mur. Mais l’augmentation sera minime, de l’ordre de quelques centimes d’euros, dix ou vingt. Des chercheurs planchent sur le chiffre exact que je vous communiquerai très prochainement. Mais pour répondre de manière très précise à votre question, la publicité ne va pas complètement disparaître du service public. Les écrans publicitaires, oui. Pour pallier ce manque à gagner, nous allons adapter les émissions aux marques. Je vais vous donner deux ou trois exemples précis, clairs, qui vous permettront de voir que ce procédé va fonctionner. En fait, c’est très simple, avant qu’une émission démarre, il y aura l’annonce du sponsor, un court spot. Ensuite durant l’émission, en bas de l’écran, clignotera systématiquement le produit de l’annonceur. Ce qui est très bien puisque cela nous rapprochera du public plus jeune habitué à voir ces bandeaux sur Internet. Par exemple, nous avons décidé contre toute attente de maintenir Mots Croisés. Que les choses soient bien claires entre nous, toutes ces blagues de mauvais goût concernant le physique d’Arlette Chabot sont méprisantes et indignes. Mais bref figurez-vous que pour Yves Calvi et donc Mots Croisés, nous avons eu différentes propositions d’annonceurs intéressés à sponsoriser l’émission. Au final c’est une clinique de chirurgie esthétique tunisienne qui a emporté le gros lot. Ils ont signé pour une année de sponsoring et donc le déroulement va être le suivant : Yves Calvi va se prêter tout au long des semaines à une réinterprétation de son visage, de son corps. On conservera la partie politique bien entendue mais, de façon intempestive, des chirurgiens investiront le plateau pour intervenir sur la figure de M. Calvi. Le but étant pour eux, de rameuter le maximum de gens dans leur clinique au sud de Tunis. Ils vont même lui implanter des cheveux en direct paraît-il ! M. Calvi est très courageux pour tenter l’expérience, même s’il en a besoin me direz-vous. Taratata devrait être parrainé par les Boucheries Roger. Là par contre cela sera plus comme une expérience artistique, presque une performance puisque l’intégralité de l’émission sera enregistrée dans une chambre froide. Le programme ne sera plus pour tout public puisque nous assisterons à des dépeçages, à des rôtisseries en direct, des faisandages. Le problème sera pour ces artistes qui viennent chanter pieds nus. Nous avons d’autres sponsors tout aussi intéressants et prêts à relever le défi de la télévision de demain. Agnès b. par exemple va sponsoriser une émission apprenant aux gens à faire leurs vêtements eux-mêmes. Comment faire un patronage, un pull, un bonnet, un slip, une écharpe ? C’est très important pour les français qui n’ont plus d’argent de savoir être autonomes. 

 

ZAMIR DIKHO : Etes-vous bien sûr que cette formule va être bien acceptée par les français ?

 

JEAN FRANCOIS COPE : Nous avons soumis cette proposition à un échantillon de 3000 personnes et la majorité a approuvé le procédé. Grâce à ça, nous allons pouvoir attirer des grosses cylindrées capables de pouvoir rehausser l’audience qui finit par faire défaut au service public. Je suis vraiment aux anges.

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Vendredi 16 mai 2008
PACO VALUENO: Ingrid Betancourt, merci de nous recevoir.

INGRID BETANCOURT: Vous plaisantez ? C'est moi qui vous remercie. Comment m'avez-vous trouvée ?

PACO VALUENO: Assez fatiguée mais sinon pour vous trouver, il suffit de vous chercher. Cela n'a pas été si difficile. Comment se déroule votre détention madame Bétancourt ?

INGRID BETANCOURT: C'est fluctuant, un coup c'est sympa, un coup c'est dur. Mais c'est le plus souvent dur. C'est dur parce que maintenant même en Colombie, je suis devenue un otage important. Depuis que ma vidéo a été diffusée, les médias de mon pays se sont mis à me placer comme symbole de tous les otages. Tous les signes faits par M. Sarkozy et Kouchner sont importants mais sont faits n'importe comment. Chaque déplacement qu'ils font, chaque bruit qu'ils émettent à mon sujet, la presse en parle systématiquement. Les FARC ne sont pas fous, il leur suffit d'ouvrir internet pour s'apercevoir qu'ils ont, avec moi, une monnaie d'échange formidable. S'ils me libèrent, que devient cette guérilla sur le plan mondial ? Eh bien, elle retombe dans l'oublie car je pense franchement que personne au monde ne s'intéressera de savoir ce qu'il advient de ce groupe, même s'il fout le bordel dans le pays. La Colombie, pour les gens, c'était la cocaïne avec Escobar. Maintenant c'est les FARC, sans moi, ils ne seraient pas devenus si importants sur la scène internationale.

PACO VALUENO: Effectivement, si vous ne vous étiez pas aventurée dans cette zone réputée très dangereuse, vous n'en seriez pas là.

INGRID BETANCOURT: Qu'est ce que vous en savez ? J'y suis allée pour y créer une détonation et non pas une détention. Je savais effectivement où je mettais les pieds mais je ne pensais pas rester ici six années. Deux tout au plus, le temps de me refaire une santé. Parce que vous savez ici, le plus longtemps vous êtes gardé, le plus vous êtes maltraités car ils sont obligés de vous surveiller, de vous nourrir et ça leur coûte de l'argent, ça les irrite.

PACO VALUENO: On a dit que votre libération ainsi que celle d'autres otages devait avoir lieu cette année mais que la mort de Reyes causée par l'armée colombienne a tout remis en cause.

INGRID BETANCOURT: Effectivement, c'est ce qu'on dit. Ces enculés, excusez mon langage mais à force de vivre avec des hommes, je parle comme un porc, ont tué Raul, le porte parole des FARC et c'est bien dommage car il était l'une des rares personnes avec laquelle je pouvais parler. Avec les autres, les sans grade, les troufions c'est largement plus compliqué. Ce sont des pauvres jeunes enrôlés dans un conflit auquel ils ne comprennent rien. Parce qu'ils ont vu leur famille massacrée par les paramilitaires, à la botte d'Alvaro Uribe soit dit en passant. Ou parce qu'ils n'ont rien pour se nourrir alors la guérilla leur propose tout ça, une famille, une idéologie. C'est triste tout ceci, c'est dur de voir ces gens souffrir. Car ils souffrent, vous savez. L'effet de groupe les contraint à ne pas se dévoiler, à rester droit comme des i, à faire corps. Mais en vérité tous ces soldats ne rêvent que d'une chose, être dans leur salon face à leur écran plasma, à regarder des films. Et non pas à se faire chier dans la jungle pour une cause dont ils ne savent rien. Vous croyez peut-être que ces analphabètes en ont à battre des thèses de Marx ? Vous voyez, je ne suis pas la seule prisonnière dans cette jungle. Nous le sommes tous.

PACO VALUENO: Quand même madame, ces gens ont commis des crimes graves. Seriez-vous atteinte du syndrome de Stockholm ?

INGRID BETANCOURT: Mais monsieur le journaliste, je vois que vos quelques années d'études n'ont pas servies à rien. Votre maman doit être contente. Monsieur, pour comprendre ce qu'il se passe, il faut comprendre vraiment comment cette guérilla est née. Allez lire, vous renseigner et vous verrez qu'elle n'est pas née dans le but de mettre des bombes ou avoir des otages. Il y avait le souhait d'aider les autres, les pauvres. Ensuite oui, il y a eu un basculement certain. Mais je vais vous dire c'est le monde qui les a fait changer. C'est à cause des trafiquants et des paramilitaires qui les ont influencés. Il est tellement tentant de gagner des montagnes d'argent avec la drogue. Et pour répondre à votre question, je ne suis atteinte d'aucun syndrome, c'est totalement idiot ce que vous dites. Mais cela ne m'empêche pas de constater que la grande majorité des soldats ici sont des victimes, victimes d'abandon, de pauvreté. Parce que ce n'est pas capitaliste, parce que ce n'est pas à droite, vous jugez toujours cela mauvais. Chavez, Ahmadinejad sont toujours cités comme des diables, des mauvais. Je pense qu'il serait bon pour la presse internationale d'arrêter de travailler bêtement et de répéter ce que son voisin dit. La presse d'opinion, le presse intelligente n'existe plus.

PACO VALUENO:  Vous savez que si vous êtes libérée, beaucoup de gens n'auront plus rien à faire ?  Pare exemple RFI, plein de personnes sont mobilisée là-bas, des étudiants aussi. Et quid des petites mains qui fabriquent des figurines à votre effigie ? Cela fait quoi d'avoir tant de responsabilités sur les épaules ?

INGRID BETANCOURT: Je n'ai jamais voulu devenir une icône, pas de ce genre là je veux dire. Ils se recycleront, que voulez-vous que je vous dise ? Il y aura d'autres otages d'ici là, je ne vais pas rester enfermer un peu plus pour leur fournir du travail ou pour occuper leur journée à aller manifester pour moi. Je l'ai déjà fait assez il me semble.

PACO VALUENO: Votre époux Juan Carlos Lecompte a déclaré que si vous ne sortiez pas, c'est parce qu'Alvaro Uribe ne le voulait car vous risquiez d'être un adversaire politique très important pour lui.

INGRID BETANCOURT: Mon époux n'est pas ce que j'aurai perdu de plus cher en étant dans cette jungle. Vous l'aurez compris en lisant sa déclaration. Déjà, il faudrait qu'Uribe change à nouveau la constitution pour se présenter une troisième fois. Il peut, le fera peut-être, je ne sais pas. La Colombie est un beau pays, pleine de gens intelligents. Mais il est aux mains de fascistes, de gens proches des étasuniens. Les gens en mesure de voter dans ce pays sont pour la plupart des idiots, des imbéciles, des gens qui doivent tout à ce pays mais qui continuent de le mettre à genoux en votant à droite, en offrant notre terre aux USA. Ces idiots sont médecins, artistes, avocats, industriels, architectes. En votant à droite, ils s'assurent que leur business continuera à fleurir, leur petit confort. Le futur du pays, ils s'en tapent royalement. Ces gens là ont un appartement à Miami pour la plupart, rêvent d'aller vivre à New-York ou d'envoyer leurs enfants faire leurs études aux Etats-Unis. Parfois, rien que pour cette raison, j'ai envie de rester ici dans cette jungle afin de ne pas recroiser ce genre de personnages. Je ne suis pas anti-américaine, loin de là, mais je considère que cette nation a déjà fait assez de mal à notre continent tout entier. Malgré ça, la plupart d'entre nous continue à les regarder avec des yeux ronds, et à leur montrer notre derrière. L'élite colombienne est malheureusement formée d'une constellation de cons.

PACO VALUENO: Les FARC voudraient que je parte. Une dernière question Madame, voulez-vous ajouter quelque chose ?

INGRID BETANCOURT: J'embrasse mes enfants, ma mère, ma famille. Et maintenant que vous savez où je suis, soyez gentils de le dire au reste du monde.
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Mercredi 14 mai 2008
GAMAR VOUMAY: Monsieur Rhodien, bonjour, tout le monde vous connaît comme étant le plus gros téléchargeur du monde. Comment vivez-vous cette consécration ?

MIFOUESSE RHODIEN: Bien, puis mal. Cela dépend de ce que je télécharge. Les artistes n'ont aucun respect pour ceux qui paie un accès internet tous les mois. Encore que, moi je me suis branché sur quelqu'un. Je ne paie rien. Je vous jure, les voisins, c'est quelque chose. Je n'arrête pas de recevoir des lettres de maison de disques me demandant de pirater des artistes qu'ils ont en contrat et de faire passer le mot à tout le monde. Ils cassent leur contrat et après on partage ce qu'ils n'ont pas dépensé.

GAMAR VOUMAY: Pourquoi avez-vous commencé à télécharger et pourquoi l'avez-vous fait sans vergogne, à la barbe de tout le monde ?

MIFOUESSE RHODIEN: Déjà, il faudrait que tout le monde ait une barbe. Or, ce n'est pas encore le cas même si le professeur Abib en parle. Ensuite, je considère que tout doit être échange.


GAMAR VOUMAY: Dans une lettre ouverte au Président de la République, vous avez dit, je cite:" La vie est comme un serpentin, une bonté divine qu'il faut faire frétiller. Je suis comme vous, comme nous,  comme toi, tu me donnes à me ressourcer, à être une eau pétillante. Que toutes se suivent".

MIFOUESSE RHODIEN: Je n'avais jamais dis ça à quiconque. Je devais être en confiance.

GAMAR VOUMAY: Est-ce pour cette raison que vous avez été enfermé ?

MIFOUESSE RHODIEN: Dur à dire. Je crois qu'il y a un moment dans la vie d'un chacun qu'il faut prendre du recul.

GAMAR VOUMAY: Quelles sont vos conseils pour devenir un bon téléchargeur ?

MIFOUESSE RHODIEN: Je ne sais pas. Je n'ai jamais été un bon donneur de leçons. Mais je crois qu'il faut être attachant et déterminé. Une sorte de boule de feu aux fruits de la passion. Car c'est cela à quoi le téléchargement revient: un désir du nouveau avec du papier de soie. 

GAMAR VOUMAY: Quelles sont vos recommandations pour écouter ou regarder de la musique et des films gratos ?

MIFOUESSE RHODIEN: Vous aller me trouver précieux, mais j'aime beaucoup Youth Without Youth le dernier Coppola. Tous nos ploucs devraient regarder ce film, cela le leur ferait ranger leur caméra. Sinon, essayez des Nicholas Ray, des Dino Risi, ça rend moins amer de les voir. Niveau musique, il y a à boire et à manger. Mais essayez des classiques, il n'y a pas mieux que la musique contemporaine. 

GAMAR VOUMAY: Que pensez-vous de la statue que les internautes vous ont érigée dans chaque capitale du monde ?

MIFOUESSE RHODIEN: C'est une question embarrassante et émouvante. Je crois bien que les gens sont arrivés à une nouvelle pensée. Je me retrouve tant en eux. Ce n'était pas le cas avant. J'ai beau de me souvenir de toutes mes vies, il n'y en a aucune de semblables avec celle-ci. Je ne sais pas si j'ai souhaité cette ère mais elle permet au monde entier de pouvoir prendre une partie de son histoire et de la rendre totalement immatérielle. Il est dingue de constater que le temps semble s'être gumovisé. C'est d'un élasticisme stupéfiant. On m'a toujours dit: "Le temps passe vite". Je crois surtout qu'il s'est métamorphosé, arrêté. Nous ne percevons plus les mêmes choses comme par le passé. Je vous conseille à ce titre le film de Spielberg, A.I.. Un film bourré de défauts mais très sincère. Pour la première fois, le réalisateur reconnaît sa filiation avec la série B. C'est très émouvant. J'ai arrêté de croire en la mort lorsque je l'ai vu.

GAMAR VOUMAY: Vous avez quel âge ?

MIFOUESSE RHODIEN: Dix-neuf ans.

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Mercredi 14 mai 2008
PROMEL VANTHOR : Sean Penn, c’est avec plaisir que j’ai appris que vous étiez président du jury de Cannes. Comment avez-vous reçu cette nouvelle et pourquoi avez-vous accepté ?

 

SEAN PENN : Pour diverses raisons bien spécifiques. J’étais déjà venu et j’avais beaucoup aimé la croisette, l’esprit des gens, la manière simple qu’ils ont de vivre et de s’aimer. J’ai eu envie de revenir jeter un coup d’œil dans le but de m’acheter un appartement. Et lorsque M. Frémaux a eu la bonne idée de me proposer la présidence, je me suis dit que je pouvais en profiter pour faire un investissement immobilier. Vous savez les femmes très bronzées, avec quelques chirurgies, les seins à l’air, les culottes de maillots de bain fluo, avec des ray-ban ou des persol, arriver à mon âge, ça a son charme. Ce ne sont pas les seules raisons, je suis venu aussi pour le jury. Il y en a plusieurs que je voulais rencontrer depuis un bout de temps comme Rachid Bouchareb par exemple, j’ai adoré Indigènes et j’aimerais lui proposer d’en faire un remake en 3D, une version pour les enfants, ce pourrait être sympa. Sinon il y a aussi Marjane Satrapi dont j’ai vu Persepolis, pareil, grosse émotion, très bon film. J’aimerais lui demander ce qu’elle va bien pouvoir sortir maintenant qu’elle vient de raconter 20 ans de sa vie dans un film. Faudrait qu’elle se fasse enfermer en Birmanie ou qu’elle aille en Corée du Nord promouvoir les USA : dix ans de cachot lui permettront de se raconter à nouveau.

 

PROMEL VANTHOR : Que vous inspire la sélection, et quels films attendez-vous par-dessus tout ?

 

SEAN PENN : La sélection me donne envie d’allumer une cigarette (rires). Très honnêtement, il n’y a pas de quoi se taper la tête contre les murs. Je ne suis pas un grand spécialiste de la sélection cannoise. Cependant il ne faut pas être très au courant pour savoir que chaque année à Cannes, ce sont toujours les mêmes. Je suis content de faire ce job mais c’est toujours pareil : James Gray- les Dardenne- Wenders- Egoyan… C’est vrai que Cannes est mieux que Venise ou Berlin, surtout dans ses lauréats mais on ne peut pas non plus crier à l’originalité il me semble. Non il n’y a pas vraiment de films que j’attends avec impatience, je n’ai pas le sentiment qu’il y ait quoi que ce soit de fort ce coup-ci encore. Enfin si, je verrais bien le nouveau film de Barry Levinson dans lequel je joue. Je n’ai pas pu me rendre au montage de ce dernier.

 

PROMEL VANTHOR : Même pas le film de Clint Eastwood donc ?

 

SEAN PENN : J’ai reçu un Oscar pour le film que j’ai fait avec lui. Je trouve que c’est un bon réalisateur mais personnellement je préfère sa période 70-80, Ca Va Cogner, Doux, Dure et Dingue. Aujourd’hui il est devenu un auteur, quelqu’un qui a pris de l’épaisseur et le grand malheur dans tout ceci, c’est que tout le monde s’est mis à le lui dire et il se complaît dans ce genre de films. Il serait bien que le bonhomme revienne à la surface et se remette à faire des films plus légers. Pareil encore ici, on se plaint qu’il n’y a pas assez de renouvellement mais que voulez-vous faire quand des types comme lui continuent à faire un film quasiment tous les ans ? Je vais voir comment lui annoncer en douceur qu’il ferait mieux de s’arrêter. Je pense peut-être créer un prix spécial, histoire de lui faire comprendre devant tout le monde qu’il devrait penser au recyclage. Il y a des vieux en bas de chez moi qui vendent des fausses glaces à la vanille, je pourrais leur en toucher deux mots, ils ont peut-être besoin d’un adjoint.

 

PROMEL VANTHOR : On vous sait très proche de différents mouvements, vous avez beaucoup participé au sauvetage de personnes lors de Katrina, vous avez voyagé au Venezuela, en Irak.

 

SEAN PENN : C’est exact.

 

PROMEL VANTHOR : Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous dans votre vie et pour la planète ?

 

SEAN PENN : Dans ma vie, pas grand chose puisque j’ai tout. Une belle femme, des enfants très intelligents, une filmographie exigeante. Si j’avais une baguette pour le monde alors les choses seraient bien différentes. Je changerais notre Président évidemment, je supprimerais le Parti Républicain et tout ce qu’il y a trop à droite. J’inventerais un arbre qui pousserait éternellement et d’où sortiraient des fruits, des voitures, des dentiers, tout ce dont le monde a besoin, un arbre de vie à multifonctions. Je ferais qu’il n’y ait plus de tensions raciales, que toutes les races se mélangent pour arriver à une race unique, celle du prédateur enfantin.

 

PROMEL VANTHOR : Il se murmure que cette présidence au festival serait votre dernière apparition dans le monde du cinéma, est-ce vrai ?

 

SEAN PENN : Vous êtes drôlement bien informé, dites moi. C’est effectivement une option, les choses restent à définir sobrement et avec la tête froide. Bruce Lee, James Dean ont fait très peu de films et ils sont restés. J’en suis à quatre, j’ai été encensé par le monde entier. Si je venais à me retirer, ce serait formidable, les gens me pleureraient, me regretteraient. Je crois que ce serait préférable pour tout le monde. J’ai fait beaucoup pour mon pays et je crois qu’il est temps d’avoir un juste retour. Vous savez, je ne pensais pas que j’aurais eu une carrière si pleine.

 

PROMEL VANTHOR : Que pensez-vous faire ces prochaines années donc ?

 

SEAN PENN : Partir me ressourcer, regarder au loin un troupeau de buffles et me demander si je n’irais pas les rejoindre. En me touchant le front le mois dernier, j’ai senti comme des excroissances, la taille de mes pieds s’est considérablement rapetissée et je me déplace le plus souvent à quatre pattes maintenant, c’est l’appel de la forêt, je le sens. Mais avant d’aller rejoindre mes semblables pour aller fouler les verts pâturages, je veux profiter encore de mes enfants car je sais qu’ils ne pourront pas me suivre. Bonne année mes petits.

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Lundi 12 mai 2008
MINTHAR GOLHAM : Monsieur Elkabbach, c’est votre première sortie officielle et sans langue de bois depuis votre dérapage devenu célèbre.

 

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Toute la presse m’attendait au tournant. J’étais du côté du plus fort, forcément cela créer des jalousies chez nous. On préfère les magnifiques perdants dans ce foutu pays. Si j’étais plus courageux, je partirais chez les américains, eux n’ont pas peur de prendre des risques. Il y a de la place pour les juifs. Ici, je ne suis pas sûr. Le Président de la République fait pourtant ce qu’il peut mais il y a des relans d’antisémitisme qui me déplaisent fortement. Je ne me sens plus très bien ici.

 

MINTHAR GOLHAM : Vous craignez pour votre vie vous m’avez avoué  plus  tôt. Pourquoi ?

 

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Parce que je pense que nous avons un système médical défaillant. Aux USA par exemple, je sais que si je fais une attaque, je serai bien traité. Ici je n’en suis pas sûr. En plus c’est malheureux mais il y a quand même beaucoup de noirs qui travaillent dans les hôpitaux ici. On sait bien qu’entre nous les juifs et eux, ce n’est pas le pied si vous me permettez.

 

MINTHAR GOLHAM : Mais à dire des insanités pareilles, vous n’avez pas peur de justement tout faire pour mettre de l’huile sur le feu ?

 

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Arrêtez voyons mon cher ami, loin de moi cette idée mais la France est sur un point de rupture, reste à savoir quand est-ce qu’il va céder. Vous savez les musulmans, j’ai vécu avec eux en Algérie et là-bas, nous nous entendions bien. Je sais pas ce qu’il s’est passé depuis. La traversée de la Méditerranée leur a été néfaste, ils sont devenus ingérables et mauvais.

 

MINTHAR GOLHAM : Et vous non ? La traversée de la Méditerranée vous a été bénéfique ?

 

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Monsieur, il faut savoir que moi j’ai fait ce voyage pour apprendre, devenir le meilleur, une bête de concours, un dieu, vous savez chez nous les diplômes sont importants. J’ai tué ma mère d’ailleurs lorsqu’elle a compris que je ne serais ni médecin, ni avocat. C’est très important de devenir quelqu’un. Vous savez chez nous, cela fait quelque chose lorsqu’on vous appelle Maître ou Docteur, ça vous rend supérieur au reste du monde.

 

MINTHAR GOLHAM : Vous dites chez nous mais je viens du même pays que vous, je suis de même confession et pourtant on ne pense pas comme vous dans ma famille. Je crois qu’il est dangereux d’avancer de tels arguments. Encore une fois vous faites tout pour ne pas vous faire aimer.

 

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Vous savez que c’est totalement faux mon cher ami. Je dis la vérité, je suis clair, je ne prends pas de chemins détournés. J’ai prôné la transparence, comme notre Président. Nous nous entendons très bien, nous sommes des gagneurs.

 

MINTHAR GOLHAM : J’aimerais que nous revenions un instant sur l’affaire Pascal Sevran. Que s’est-il passé et pourquoi avez-vous décidé de laisser passer cette nouvelle ?

 

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Il s’est passé que j’avais raison mais c’est dur pour un pays comme la France d’accepter qu’un juif puisse être dans le vrai. J’ai beaucoup d’amis à Limoges. J’en ai surtout pas mal dans l'hôpital où était Pascal Sevran. Au moment où j’ai dit que M. Sevran était décédé, il l’était mais ça personne n’a cru bon de le dire. Bref, j’ai l’information, je la passe. Et puis comme par hasard, après, j'apprends qu’il n’était pas mort. Mais ne vous y trompez pas, ils l’ont réanimé en fait. Ils ont réussi ce tour de force, à le maintenir en vie encore quinze jours, simplement pour me contredire, me faire passer pour un nul, un mauvais. Alors que, si j’avais été citoyen américain, avec une telle info, je recevais le Pulitzer. J’ai demandé à quelques amis de la communauté à bien vouloir ouvrir une enquête. De toutes les façons, on a voulu me saquer, c’est fait, bravo aux auteurs de cette infamie.

 

MINTHAR GOLHAM: Vous qui avez connu plusieurs époques des médias, plusieurs postes dans différentes rédactions, comment en jugez-vous l’évolution ?

 

JEAN-PIERRE ELKABBACH :Je pense que des hommes comme Paul Amar, même si nous nous aimons pas beaucoup, Michel Drucker, Arthur, sont des gens qui font énormément de bien à notre paysage. Ils ont des épouses magnifiques, une philosophie de vie que je trouve très intéressante. Il faut plus de gens comme eux qui nous aident à ce que la télévision soit plus belle à regarder. Je les aime énormément. Excusez-moi, c’est l’émotion, ne faites pas attention. 

 

MINTHAR GOLHAM : Quelles sont les choses qui vous chagrinent aujourd’hui ?

 

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Les connards, les petites bites évidemment. Et puis il y a aussi le Parti Socialiste. Quelle honte d’avoir laisser un si beau parti se faire détruire de la sorte. J’en parlais encore avec mon ami Jacques Séguéla lorsque nous faisions des uv. Après tout le travail fait par François Mitterrand, se déchirer pour une gloire personnelle et tout mettre par terre. Ce sont vraiment des cons et en plus personne ne me défend là-dedans alors que j’étais le confident de M. Mitterrand. A tel point que beaucoup se demandaient si nous n’avions pas une relation. C’était tellement un coureur et un amateur des belles choses. Cela nous amusait, nous laissions courir le bruit.

 

MINTHAR GOLHAM : Et donc, je vous pose la question, étiez-vous amant ?

 

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Vous voyez mon œil, vous voyez bien au fond ? Regardez mon âme et vous aurez la réponse. Vous voyez son visage ? Eh bien voilà, il fait partie de mon âme. A vous de voir ce que vous devez en penser.

 

MINTHAR GOLHAM : Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

 

JEAN-PIERRE ELKABBACH : J’aimerais bien récupérer un poste important chez Direct 8, je trouve cette chaîne exemplaire. Elle mélange tous les styles, forme les animateurs de demain elle est intelligente, sympathique. Sinon je vais peut-être me remettre à étudier, il y a tellement de belles choses à apprendre. Je suis un amoureux de la vie et de tout ce qu’elle arrive à créer. J’aimerais aussi avoir ma Green Card et partir réaliser un documentaire sur les juifs aux Etats-Unis pour montrer qu’ils ne sont pas traités de la même manière là-bas qu’ici. Il est temps que le monde prenne conscience de notre talent à être meilleurs dans chaque domaine. Et puis je vais faire en sorte que la vérité sorte. Pascal Sevran était un ami et il avait tout compris quant au problème africain. Je l’aimais profondément. On l’a attaqué, comme Brigitte Bardot, à tort. Les gens ne comprennent pas la finesse dans ce pays.

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Mercredi 7 mai 2008
La mère du président de la République, qui raconte quelques anecdotes sur son fils lors d'un entretien à Omega TV, assure en revanche n'être «pas fan» de Ségolène Royal.

Ses apparitions sont extrêmement rares. Discrète, douce, Andrée Sarkozy ne pratique pas la langue de bois quand elle choisit de s'exprimer. La mère du président de la République, avocate de formation, se confie dans une interview accordée à la Web-TV Omega TV, à son domicile de Neuilly-sur-Seine. Sur son surnom, «Dadu», dont l'origine remonte à sa petite enfance, et qui correspond au nom d'un petit cheval parmi ses jouets.

Nicolas Sarkozy ? Le jeune étudiant en droit travaillait dans les années 70 pour la boutique Hermès en bas de l'immeuble familial, où il faisait les livraisons le samedi pour se faire de l'argent de poche : «Il avait fait quelques erreurs, en livrant par exemple une mangeoire pour hamster alors que c'était pour des oiseaux», s'amuse sa mère, qui lui inculque quelques valeurs que l'on pourrait retrouver dans n'importe quelle famille ordinaire. «Je n'ai pas du tout été sévère, j'ai demandé qu'il travaille, qu'il fasse du sport et qu'il ne me raconte pas d'histoires. Avec ça, on peut réussir !»

A l'écouter, son fils semblait programmé pour devenir président de la République. «Oui, mais c'était tellement anecdotique. Des amis avaient une maison superbe dans le Midi. A un moment, l'un d'entre eux lui frotte les cheveux. Et Nicolas, qui avait 7 ans, lui dit : «Mais qui vous a permis de me toucher la tête, vous ne savez pas que je veux être président de la République ? L'ami a beaucoup ri à l'époque, mais maintenant il ne rit plus du tout !»

 

«J'ai été la Première dame pendant quinze jours»

 

L'actuel chef de l'Etat lisait dans sa jeunesse «tous les livres sur de Gaulle. Il est venu à la politique par la lecture», assure Andrée Sarkozy, qui réfute, par contre, l'influence précoce de la religion sur le parcours de son fils : «C'est venu relativement récemment.» Aujourd'hui, elle assure que «rien n'a changé» dans sa vie. Elle se réjouit de «la joie de Nicolas, il a eu ce qu'il voulait. Et puis je n'étais pas vraiment fan de madame Royal», sourit-elle. Elle aurait même parlé de l'ex-candidate PS à la présidentielle avec le président chinois lors un dîner officiel, Hu Jintao lui répondant par un simple geste des deux mains, pas très diplomatique et peu flatteur pour Ségolène Royal. Sans plus de précisions.

A l'inverse, une femme trouve grâce à ses yeux. Pas Cécilia, «mystérieuse», avec qui, toutefois, elle entretenait de «très bons rapports». Mais sa nouvelle belle-fille, Carla Bruni, «absolument charmante, adorable, très drôle et gentille. Tout le monde l'aime bien. Elle réunit un nombre de qualités assez exceptionnelles. Elle a une aisance, vous l'avez vu en Angleterre, elle est parfaite.» Un reproche, toutefois ? Andrée Sarkozy pouffe de rire : «J'ai été la Première dame pendant quinze jours, seulement, à cause de vous», lui a-t-elle dit.

D'une lucidité sans faille, Andrée Sarkozy ne souhaite ni se projeter dans l'avenir, ni faire de bilan prématuré de l'action du chef de l'Etat. Tout juste concède-t-elle que le «casse-toi pauvre con» adressé à un visiteur au Salon de l'agriculture ne l'a pas surprise. «Vous savez, c'est parce qu'il est très franc et très naturel qu'il est comme ça. A propos de cet incident, il est regrettable que le président de la République emploie un gros mot, mais ça ne me paraît pas dramatique.» Désormais, elle préfère se consacrer à l'innombrable courrier qu'elle reçoit à son domicile ou via l'Elysée. Une lettre l'a particulièrement touchée. Au milieu des félicitations, il lui était écrit : «Vous êtes la mère de tous les Français.»

P.S.: Cet article est bel et bien paru dans Le Figaro, version Web. 

Par ricard burton
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Mardi 6 mai 2008
BASHIR MOULOUSH : Christophe Hondelatte, merci de nous faire l’honneur de votre présence, on vous sait très occupé en ce moment.

 

CHRISTOPHE HONDELATTE : Je suis plutôt préoccupé. C’est d'ailleurs pour cette raison que j’ai décidé de faire journaliste.

 

BASHIR MOULOUSH : Certes. Si vous le permettez, nous allons remonter le fil de votre carrière ensemble afin que les gens comprennent bien qui vous êtes et ce qui vous anime. Alors vous êtes nés à Bayonne et vous êtes diplômé de l’IEP à Bordeaux.

 

CHRISTOPHE HONDELATTE : Oui c’est vrai, c’est un fait que je ne peux pas nier. Vous êtes bien informés dites moi, vous êtes journaliste ? Non je plaisante. Oui ce début de vie dans le sud-ouest m’a forgé un caractère hors pair et une envie de déchiqueter le monde. Je suis un mec quoi, un vrai. Vous savez au pays du rugby, on fonce, on dit ce qu’on a sur le cœur, nous sommes des purs et c’est pour cela que devenir journaliste m’est apparu naturel. Cette profession avait besoin de renouveau, de nouvelles gueules. Lorsque j’ai senti que c’était mon heure, j’ai débarqué.

 

BASHIR MOULOUSH : Justement Amanda Lear, il n’y a pas très longtemps a dit qu’elle vous trouvait beau garçon.

 

CHRISTOPHE HONDELATTE : C’est évidemment flatteur mais j’ai envie de lui retourner le compliment vous savez !

 

BASHIR MOULOUSH : Il y a eu votre accession au journal de 13h sur France que vous avez laissé tomber, pourquoi ?

 

CHRISTOPHE HONDELATTE : Ecoutez mon vieux faites votre travail de journaliste et lisez mes déclarations de l’époque, tout y est.

 

BASHIR MOULOUSH : Monsieur pardonnez-moi, j’ai été journaliste en Algérie donc travailler sous la pression, dans la terreur, récolter de l’information, je sais faire.

 

CHRISTOPHE HONDELATTE : Vous croyez quoi ? Parce que vous venez de ce pays qui se croit si fort, vous allez m’apprendre mon métier ? Au passage, merci de nous avoir foutu à la porte, on voit ce que vous en avez fait. Et puis merde qui a obtenu un prix à La Nuit Des Yeux d’Or  ou le Prix Roland Dorgelès ? C’est vous peut-être ? Je ne le crois pas Monsieur Halouf.

 

BASHIR MOULOUSH : C’est Monsieur Mouloush. Laissez moi répondre à votre place monsieur, si vous avez arrêté la présentation du 13h, c’est par superstition. Vous avez proposé de présenter le 12, le 14h, mais personne n’a cédé alors vous avez décidé de tout arrêter sous prétexte que votre tonsure commençait à s’agrandir et que votre animal domestique ne vous adressait plus la parole. Passons à autre chose maintenant, ne jugez-vous pas qu’une émission comme Faites entrer l’accusé est une émission rétrograde, mise en scène n’importe comment avec des effets grandiloquents ? En fait, je trouve ça absolument douteux de la part du service public de nous coller un tel programme, je ne suis même pas sûr qu’il trouverait sa place dans la grille des programmes de TF1 actuellement. Ce que je veux dire c’est que vous rabachez sans cesse votre vérité à tout bout de champ, vous êtes un donneur de leçon et quand on voit ce que vous produisez, je reste dubitatif.
 

CHRISTOPHE HONDELATTE : Vous avez fini votre exposé Monsieur Loukoum ? Qui est invité ? Vous avez un problème ? Vous manquez de lumière ? Vous voulez m'interviewer mais vous parlez plus que moi ? Vous vous servez de ma célébrité c’est ça ? C’est vrai qu’en Algérie on vous aurait déjà coupé la langue pour de tels propos diffamatoires et incohérents. Vous êtes en France alors vous vous croyez tout permis ? C’est bien, belle philosophie, je vois que le travail de fond du Président Bouteflika marche à pleines turbines. Mais je suis beau joueur, je vais répondre à votre question pleine de haine, de jalousie car forcément vous aimeriez avoir une telle émission chez vous, mais ce n’est pas possible. Fallait naître ici mon vieux. Je vais vous dire ce que je pense de Faites entrer l’accusé. Je crois que cette émission est une émission phare et c’est pour cette raison qu’elle perdure. Je crois qu’elle est d’utilité public, elle devrait être remboursée par la sécurité sociale. Mon but véritable est de montrer la mécanique implacable du meurtre, ce qui se passe aussi dans la tête d’un tueur, c’est important. J’aime à penser que mon émission ce regarde avec la même délectation que Le Silence des Agneaux ou Se7en. J’aime l’idée que les gens aient la frousse, qu’ils aient peur de sortir de chez eux, qu’ils regardent tout le monde avec suspicion.

 

BASHIR MOULOUSH : Je suis sûr que c’est le cas monsieur. Et alors vous quittez maintenant RTL, que s’est-il passé cette fois-ci ? Vous en aviez marre d’avoir la meilleure audience de la radio ?

 

CHRISTOPHE HONDELATTE : Vous me plaisez déjà beaucoup plus lorsque vous prenez les choses comme ceci. Non je quitte RTL au sommet de la gloire, comme le tueur du Zodiac, il a disparu au bon moment et il reste aujourd’hui une énigme. Je pars pour me concentrer sur mes projets télé. J’en ai deux qui brûlent. Le premier sera de remplacer l’access laissé vacant par Laurent Ruquier à la rentrée de septembre. Une quotidienne donc en choc frontal avec l’émission du Grand Journal de Denisot. Jadore ce que fait Michel mais là on arrive avec un concept qui risque de faire grand bruit : du gore, du sexe, du rock, de l’actu évidemment car je n’oublie pas ma passion, le tout assaisonné pour plaire au public de France 2 tel qu’il a été façonné au fil des années, je pense que je tiens ma perle ici. Et puis comme je le dis depuis longtemps, j’avais très envie de jouer la comédie. Nous allons adapter la vie du premier serial-killer roux, personne ne connaît cette histoire et cela tombe bien, il était français. En fait il avait la particularité de couler la tête de ses victimes dans le béton avant de leur faire fiévreusement l’amour. J’ai hâte de jouer ce rôle… je pars demain faire un stage avec Charles Manson, trois mois. J'espère que cela sera suffisant. Gardez la pêche et surtout restez vigilants, la bonne information se fait rare. Bisous.

 

 

 

Par ricard burton - Communauté : la communauté de l'individu
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Samedi 3 mai 2008
GILBERT FAYARD : Vincent Delerm bonjour et merci d’avoir bien voulu répondre à notre invitation puisque vous n’êtes pas ici pour nous parler de votre nouvel album mais bien pour nous faire part de votre nouvelle vie et de votre nouvel amour.

 

VINCENT DELERM : tout à fait oui mais c’est vous que je remercie parce que vous êtes les seuls journalistes à bien avoir voulu prendre du temps et de l’espace pour moi. En fait je vais bientôt me marier avec une femme que j’ai rencontrée il y a deux jours. Elle est un peu plus âgée mais que voulez-vous, le coup de foudre, quand ça nous tient. Et tout le monde la connaît, plus ou moins, c’est Elizabeth Fritzl.

 

GILBERT FAYARD : Vous allez donc vous marier avec l’autrichienne qui a passé plus de vingt ans dans une cave.

 

VINCENT DELERM : Voilà c’est ça, en fait je me suis rendu en Autriche pour la rencontrer. J’ai tellement été émerveillé par son histoire que j’ai eu envie de  la rencontrer pour parler d’elle dans une de mes chansons. De fil en aiguille, nous avons très vite parler de sexe et nous nous sommes rendus compte que nous étions sur la même longueur d’ondes.

 

GILBERT FAYARD : Ce qui est très étonnant, c’est que cela va bouleverser aussi votre vie artistique puisque vous allez monter un groupe ensemble.

 

VINCENT DELERM : C’est exactement ça. Elizabeth est une femme pleine d’énergie qu’elle a besoin de libérer. Nous allons vers du ska teinté de métal. Là elle est encore en Autriche pour quelques jours, histoire que toute son affaire soit réglée et elle arrive chez moi avec ses petits enfants.

 

GILBERT FAYARD : Votre femme va donc être grand-mère, c’est ça ?

 

VINCENT DELERM : Exactement. Ils sont adorables. En fait son père ne s’est pas arrêté à elle, il a aussi eu des rapports avec ses enfants. Ce qui est très sympa dans l’histoire, c’est que du coup, il y a très peu d’écart entre chaque génération et ça c’est plutôt une bénédiction. Mon beau père n’a pas fait que des choses mauvaises, n’en déplaise au monde.

 

GILBERT FAYARD : Justement, quels liens avez-vous avec lui ? Que pensez-vous de la manière dont il est traité, jugé ?

 

VINCENT DELERM : Je trouve tous les médias un peu durs avec ce vieux monsieur. Je trouve cela choquant de juger un homme parce qu’il ne partage pas les même mœurs que d’autres. Elizabeth a connu des moments très difficiles mais les relations entre un père et une fille, ce n’est jamais simple.

 

GILBERT FAYARD : Tout de même, il l’a droguée pour abuser d’elle.

 

VINCENT DELERM : Oui alors vous, lorsque vous rentrez d’un dîner et que vous avez bien bu, vous ne touchez pas à votre femme de peur qu’elle vous accuse de l’avoir violée ? Expliquez moi bien parce que là j’ai du mal à vous suivre. Il ne faut pas tout voir en noir Monsieur Fayard. Tiens ça rime ça, je vais la noter tout de suite, je pourrais la ressortir.

 

GILBERT FAYARD : Vous n’avez pas peur de déboussoler vos fans, car tout de même, changer de style, vous marier avec cette femme…

VINCENT DELERM : Elle est très bien ma femme, vous êtes jaloux c’est tout. Ma musique va changer et c’est bien normal non ? Regardez les Beatles, jamais le même album.

 

GILBERT FAYARD : Et vos parents, sont-ils heureux de cette nouvelle vie que vous commencez ?

 

VINCENT DELERM : Mon père travaille d’arrache pied sur un livre ayant rapport avec l’inceste, cela risque d’être un très beau livre, avec des photos, très détaillé. Taschen est sur les rangs pour l’éditer, mais il ira au plus offrant évidemment. Il a une théorie très juste et je partage son point de vue à 100%. En fait il pense que cela est logique de coucher avec ses propres enfants puisque par exemple, une fille va chercher son père à travers toutes ses relations. Alors pourquoi donc s’embêter, autant qu’ils soient ensemble très vite. Il faut changer les mentalités vous savez. Nous sommes un pays d’arriérés ici, il faut prendre exemple sur l’Autriche. C’est tellement beau de voir un enfant avoir du plaisir.

 

 

Par ricard burton - Communauté : la communauté de l'individu
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Vendredi 2 mai 2008
Nous recevons aujourd’hui le créateur de GTA IV, nouveau produit culturel des masses. Attention spoilers.

 

EDUARDO JONAS : David Jones bonjour, vous êtes le créateur de la série GTA dont le nouvel opus vient de sortir mondialement. Pouvez-vous nous dire pourquoi, selon vous, il a attiré tant de sympathie ?

 

 

DAVID JONES : Dans ce nouvel épisode, nous avons privilégié le réalisme. C’est pour cette raison que nous en avons repoussé la sortie de plusieurs mois. Je voulais que chaque coup de couteau, que chaque balle de revolver donnent l’impression du vrai. Je suis lassé par tous ces jeux qui s’empilent dans les rayons pour rien. Avec Rockstar, le studio de création, nous avons voulu créer une deuxième vie. Je vais vous expliquer un peu notre public, notre cible. Et je vais y aller par tranches d’âge grossière afin de ne pas trop rentrer dans le détail. Entre 12 ans et 20 ans, le jouer va rechercher une émancipation face à ses parents. Le sexe, la drogue, avoir des copains rastas… d’une certaine manière, il va découvrir le monde. Entre 20 et 30 ans, c’est un rapport plus ambigu, à cet âge là , l’homme cherche à se faire une place en société alors il va mettre beaucoup d’énergie et de rage dans sa façon d’explorer le jeu et d’éliminer ses adversaires, cela va presque ressembler à de la survie. A partir de 30 ans, cela devient extrêmement triste. C’est totalement différent, à ce moment là, les trentenaires ayant du temps pour jouer à mon jeu sont des perdus. Ils n’ont certainement pas de voitures, ne se droguent plus, n’ont pas ou plus de copines. Je schématise évidemment mais je crois que cette dernière tranche est à jamais perdue et une clientèle sûre pour les prochains épisodes. Je les malmène un peu mais ils aiment bien ça, ce sont des masos. C’est pour cette raison que durant quelques phases de jeu, nous les amenons à se faire tabasser ou à recommencer les missions systématiquement. Au fond d’eux, ils aiment bien ça. C’est d’ailleurs à travers eux que nous espérons rameuter toute une nouvelle génération de joueurs. Le jeu en ligne va nous permettre ça. Vous vous rendez compte ? Des joueurs de 10 ans vont parler avec des joueurs de 35 ans, c’est formidable. Les plus vieux vont convertir les plus jeunes à leur morne philosophie.

 

EDUARDO JONAS : Toute cette violence est-elle vraiment nécessaire ?

 

DAVID JONES : Bien sûr puisque c’est notre fond de commerce. Imaginez-vous que l’autrichien qui a enfermé sa fille durant plus de vingt ans, on a découvert qu’il était un grand fan et un grand joueur de GTA. D’ailleurs son plus grand regret avant de rentrer en cellule était de ne pas pouvoir jouer au quatrième. Mais je suis en pourparlers avec le police pour lui offrir un écran plasma géant avec notre jeu. Cela nous fera une pub terrible. La violence fait partie intégrante de notre quotidien, de notre vie. On nous a trop appris à justement ne pas en user. A rentrer dans les rangs, obéir à tout ce qui porte un uniforme, à en avoir peur. C’est totalement idiot quand vous y pensez. Nous payons ces gens, pourquoi alors nous ne pouvons pas leur faire dire ce que nous voulons ? Pourquoi on ne peut pas les insulter ou les traîner sur plusieurs mètres avec nos véhicules ? Pourquoi lorsque nous allons acheter un truc chez l’épicier nous ne pouvons pas le gifler en guise de paiement ?

 

EDUARDO JONAS : Certains analystes pensent que vous allez exploser tous les records de vente et que vous allez être une concurrence frontale à Iron Man, vous y croyez ?

 

DAVID JONES : En même temps, je ne vois là rien d’incroyable car je pense que ce film est une vraie connerie. Les premiers chiffres en tout cas sont très bons. Mais éclater les chiffres en soit n’est pas dur puisque notre jeu coûte 70€, ce n’est pas rien. Et puis pour le reste, c’est un peu illusoire, on nous compare à l’industrie cinématographique parce que les chiffres commencent à se ressembler, pour le reste, aucun rapport.

 

EDUARDO JONAS : Vous avez évidemment pensé à une adaptation cinéma j’imagine ?

 

DAVID JONES : Tout à fait mais pas pour tout de suite. En fait nous attendons le prochain épisode pour sortir un films quasi-simultanément. Nous allons récolter l’argent du quatrième et allons produire nous même en interne ce film afin qu’il n’échappe pas à notre contrôle, qu’il ne soit pas édulcoré. Cela fait partie des choses que nous devons faire dans le futur. Éliminer les studios pour le cinéma et éliminer les constructeurs de consoles pour les jeux vidéos. Les deux nous pompent bien trop d’argent.

 

EDUARDO JONAS : Quels sont vos prochains développements chez Rockstar ?

 

DAVID JONES : Nous en avons évidemment en pagaille outre un prochain GTA. Il y a TIBET ATTACK, un jeu prochinois qui raconte comment un humble soldat va terrasser toute une armée tibétaine assoiffée de sang. Je pense que cela risque d’être un grand hit. Nous avons aussi un projet de jeu plus confidentiel, sur l’affaire Clearstream. Il faudra incarner Denis Robert, le journaliste. Ce devrait être très éprouvant pour le joueur et très schyzo. Et puis nous sommes en train de finaliser Pouvoir De Rachat. L’histoire d’une famille qui sombre dans la précarité. Plus elle sombre plus cela devient violent, le père viole ses enfants et si vous ne vous débrouillez pas assez bien, il va même les dévorer. Notre cible pour ce jeu est les 13- 15 ans, c’est un jeu censé les mettre au parfum. Ce sera forcément fandar. Merci pour votre tranquillité.

Par ricard burton - Communauté : La communauté indécise
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Mardi 29 avril 2008
Nous n’en avions jamais parlé, c’est maintenant chose faite, voici un peu de foot.

 

RAMOSH VURBAIN : Paul Le Guen bonjour et merci d’être avec nous. Alors ce match de samedi face à Auxerre, quelle en est votre appréciation ?

 

PAUL LE GUEN : Finalement tout le monde finit par s’y retrouver. J’ai mis sur la pelouse mon équipe la plus dévastatrice. Et j’ai essayé un truc de la dernière chance. Je suis parti de l’idée, quel est l’être qui, rentrant dans une arène est prêt à en découdre ? Tout de suite j’ai pensé aux taureaux. Alors, je les ai mis dans le noir, je leur ai serré les coquilles un peu plus fort et je les ai projetés sur le terrain en leur disant de ne pas oublier que pendant ce temps-là les pères des joueurs de l’équipe d’Auxerre étaient en train de passer du bon temps avec leurs mères.

 

RAMOSH VURBAIN : On a vu une équipe combative sur le terrain. Qu’est ce qui a changé vraiment ? L’éviction du Président Cayzac a-t-elle jouée ?

 

PAUL LE GUEN : Je pense que les joueurs se sont libérés effectivement lorsque Alain a dégagé. C’est normal, cet homme n’a absolument pas la stature pour être président. Trop vieux, trop gros, pas assez téméraire, trop gentil avec les autres. Ca ne rime plus à rien de parler comme il le fait, respecter l’adversaire. Que voulez-vous que pensent mes joueurs lorsque leur président respecte tout le monde ? Non mais il faut être juste voyons, il faut foncer dans le tas. C’est un sport d’homme et lui il est là à faire des courbettes, à monter ses miches à tout le monde. Le foot c’est pas de la politique, les investisseurs sont là pour ça. Les présidents doivent avoir la gnac, foncer dans le tas. Cayzac, il porte bien son nom, c’est de l’eau pétillante alors que nous au PSG on aurait plutôt besoin d’un type genre bière 8.6.

 

RAMOSH VURBAIN : On vous sent assez remonté M. Le Guen pourtant on vous connaît plus comme gendre idéal, un type calme qui ne déborde pas, très zen presque trop. Qu’est ce qui a aidé à cette transformation soudaine ?

 

PAUL LE GUEN : Je crois que j’ai toujours été comme ça. Les médias ne cherchent pas vraiment à me connaître ceci dit. Ils me voient tel un homme sage mais au fond de moi il y a le Vésuve. J’ai été très ballotté dernièrement et ça a renforcé mon caractère peut-être. Vous savez lorsque vous recevez des menaces de mort sur votre famille, ce n’est pas drôle.

 

RAMOSH VURBAIN : Oui mais en même temps M. Le Guen, nous savons très bien que tout ceci est un écran de fumée puisque beaucoup vous savent homosexuel.

 

PAUL LE GUEN : Cela relève du privé et devant votre manque de tact, je préfère ne pas répondre à ce genre d’idiotie journalistique.

 

RAMOSH VURBAIN : Quid de Michel Moulin, le nouveau directeur sportif du PSG venu vous épauler ?

 

PAUL LE GUEN : Il est un peu tôt pour savoir ce qu’il a apporté et puis je pense qu’il vaut mieux attendre jusqu’à la fin du championnat pour tirer un bilan de son action. Mais quand même, je voudrais glisser un mot. Je crois que M. Moulin est un homme rare. Il vient de loin, il a monté un titre de presse bidon et il affiche des recettes records. C’est donc un escroc notoire ou un magicien comme vous voulez et c’est exactement le genre de personne qu’il nous faut.

RAMOSH VURBAIN : Comment voyez-vous votre fin de saison ?

 

PAUL LE GUEN : Ecoutez, si nous engrangeons les neuf points des trois derniers matchs et si tous ceux au-dessus de nous perdent leurs matchs, on se retrouvera en Champions League.

 

RAMOSH VURBAIN : Et la saison prochaine, vous serez où ?

 

PAUL LE GUEN : Je serai évidemment à Paris. Pourquoi donc voulez-vous que je parte alors que j’aurai qualifié mon équipe pour la Ligue des Champions ? Et cette fois-ci, j’ai compris comment faire pour que nous ayons une équipe compétitive. Je ne vais plus prendre comme exemple Arsenal, on voit où ils en sont d’ailleurs mais l’AC Milan. Dans ce sens, je vais essayer de vieillir mon effectif. Nous sommes en pourparlers avec de très grands joueurs, des champions du monde. Je pensais faire venir Christophe Dugarry, Stéphane Guivarc’h peut-être et puis, cerise sur le gâteau, si son cœur le lui permet, Maradona. Ainsi avec une base solide, une attaque renouvelée et expérimentée, je vais vous dire, des buts, on va en planter, n’en déplaise à Corentin Cariou.

 

RAMOSH VURBAIN : Pour finir sur une note plus politique car je sais que cela vous intéresse, que pensez-vous de la demande de Bernard Laporte à Eric Besson sur la commande d’un rapport sur la compétitivité du football français ?

 

PAUL LE GUEN : Comme la plupart des français, Bernard Laporte, pour moi, est un guignol. Encore un autre type récompensé pour son soutien au chef de l’état. Et regardez à qui il demande ce rapport ? Un autre bon élève qui a failloté. Vous avez vu un peu dans quel genre de société nous évoluons ? Clairement , le gouvernement veut faire passer ce message : Soyez faux, soyez lèche-cul, soyez prêt à tout pour aider le puissant, même si vous savez qu’il est un parvenu. Le gouvernement nous dit clairement : soyez un autre aidez le et peut-être il vous donnera un os à ronger. A part ça si, comme je vous l’ai dit, nous sommes en Champions League et que j’arrive à rameuter Maradona et Guivarc’h entre autres, je peux vous dire que la coupe aux grandes oreilles sera mienne et que leur rapport, ils pourront en faire du papier cul, foi de Quimpérois.

 

Par ricard burton
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