Vendredi 13 juin 2008
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17:19
RICARD BURTON: Catherine Deneuve, on annonce toute une foule
de beaux projets vous entourant. Que nous vaut cette fringale ?
CATHERINE DENEUVE: C'est bien simple, je m'emmerde. Arriver à un moment tout vous semble barbant alors on s'essaie à de nouvelles formules. J'ai voulu mettre ma vie
en jeu et connaître un peu de nouvelles sensations. Je crois avoir fait mes preuves dans le cinéma français. Je peux m'amuser et faire des choix plus audacieux. Tourner dans un film
pornographique ne me paraît pas si grave. Cela faisait longtemps que je fréquentais des clubs échangistes. Maintenant que le sexe est affiché comme un hobby, que l'on trouve des sextoys en cadeau
dans les hebdomadaires féminins, je me suis dit que je pouvais passer à un autre stade.
RICARD BURTON: C'est un peu votre réponse à Mathieu Amalric pour son rôle dans L'Histoire de Richard O. ?
CATHERINE DENEUVE: Si cela vous fait plaisir de faire ce rapprochement. Sauf que je ne crois pas qu'Amalric ait tenté la double pénétration dans son film. Cela fait
la différence entre nous. On prend des risques ou on reste chez sa mère.
RICARD BURTON: Votre tatouage dans le dos, cela fait parti de ce nouvel état d'esprit ?
CATHERINE DENEUVE: Mais dites moi, vous avez des yeux partout mon cher Ricard... Lorsque je suis allé à la cérémonie de clôture de Cannes, j'avais fait en sorte de
bien le cacher pourtant. Ce tatouage est signe d'appartenance à une tribu togolaise. C'est mon père spirituel de cette tribu qui m'a fait ce tatouage. Je suis maintenant son obligée. Passer un
certain âge, on va vers les choses les plus simples. Eyadema est plus qu'un simple amant, c'est aussi mon guide spirituel. Pour lui parler, je n'ai pas besoin de téléphone. J'appuie sur mon
pancréas pour communiquer avec lui, peu importe le nombre de kilomètres qui nous séparent.
RICARD BURTON: Cet Eyadema est-il à l'origine de vos nouveaux choix de carrière ?
CATHERINE DENEUVE: Evidemment mon tendre époux n'est pas étranger à ce virage radicale. Il m'a dit très justement: " Mieux vaut être en arête sur la cuvette qu'au
fond du syphon". Ca a le mérite d'être clair.
RICARD BURTON: Mais tout de même était-il nécessaire de donner une suite à Peau d'Ane ?
CATHERINE DENEUVE: Mon cher garçon, l'art n'est rien sans ambition. Et puis ce sera plus une relecture qu'une suite à Peau d'Ane. Agnès Varda a écrit un scripte
formidable dans lequel je reprends mon rôle là où je l'avais laissé, pas loin de l'hélicoptère.
RICARD BURTON: Quel est votre sentiment par rapport au cinéma français aujourd'hui ?
CATHERINE DENEUVE: Il me fait plus tousser que mes clopes.
RICARD BURTON: N'avez-vous pas l'impression d'avoir été épargnée par la presse durant votre vie ?
CATHERINE DENEUVE: Etant donné que toutes les autres actrices françaises n'ont pas eu le quart de ma carrière, je trouve cela tout à fait normal.
RICARD BURTON: Quelle est votre première pensée lorsque vous vous voyez dans la glace le matin ?
CATHERINE DENEUVE: Que mon chirurgien esthétique n'a certainement pas fait Harvard comme il le prétendait.
RICARD BURTON: Votre fille vous encourage t-elle dans cette nouvelle direction à votre carrière, car on la sait très critique ?
CATHERINE DENEUVE: On se reparle à peine vous savez... Maintenant que la rupture avec Biolay est vraiment consommée, nous nous saluons mais pas plus. Comme le dit
Eyadema: " En amour comme en voiture, il faut mettre sa ceinture".
RICARD BURTON: Quels sont les conseils que vous donnez aux jeunes comédiennes ?
CATHERINE DENEUVE: Je n'en donne plus à vrai dire. A chaque fois que j'en donnais, personne ne comprenait rien, alors j'ai limité. Chacun doit suivre son chemin de
toutes les façons. Je n'ai aucunement envie que quelqu'un jouisse de mon expérience sans payer, prenne des raccourcis alors que moi je me suis tapé la route entière, longue, accidentée mais
rectiligne. C'est pour cette raison que j'ai décidé d'ouvrir une école de conseils en comédie avec la sœur de Charles Pasqua. Une télévision dans chaque classe me diffusant en donnant des
conseils sur le jeu, comment se placer par rapport au gaffer, être capable d'assurer les lendemains de cuites...
RICARD BURTON: Nous savons aujourd'hui que Ségolène Royal avait pensé à vous pour le poste de premier ministre si Bayrou n'acceptait pas. Aviez-vous accepté l'idée
?
CATHERINE DENEUVE: Evidemment car très tôt nous avions vu qu'elle ne pouvait être élue sinon je ne l'aurais pas accepté car déjà je lorgnais du côté de l'Afrique.
Et je vous le dis avant que les autres ne soient au courant, je pars au Togo, pas loin de Palimé en retraite définitive, le sixième arrondissement a vraiment fini par me lasser.
*Interview réalisée avec la fausse deneuve
Par ricard burton
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