Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 17:33

h-4-2032347-1271258495.jpgRICARD BURTON : Eric, Ramzy, il s’écrit dans la presse, que ses détracteurs disent branchée, les Inrocks en porte flambeau, que vous seriez des gens talentueux.

 

RAMZY : Nous sommes transversaux vous comprenez ? Téléstar, Télérama… nous occupons un terrain bipolaire. Et nous sommes les seuls à le faire. Moi algérien né dans le XVIème. Eric de père antillais mais de mère autrichienne, grande amatrice de Lennie Riefenstahl époque défilés de bottes… nous ne représentons pas une menace pour la France. Colonisez la France par le ventre des françaises… on ne le crie plus, on le fait.

 

ERIC : Oh comment t’y vas Ramzy.

 

RAMZY : Je lui dis ce qu’il veut entendre. Nous sommes un anesthésiant avant l’arrivée d’Al Qaida. Nous lui préparons gentiment le terrain et quand votre pays sera à point, nous lui livrerons sur un plateau, aux talibans et autres délices de la communauté musulmane que je vous empresse de rejoindre si vous ne voulez pas terminer rapidement enseveli dans le sable, la gueule offerte aux jets de pierres.

 

ERIC : Il pourrait presque passer pour un des nôtres, non ?

 

RAMZY : Non il s’est trop francisé… peut-être avec un turban… et quelques doigts arrachés.

 

RICARD BURTON : Revenons-en à des considérations peut-être un peu un moins lourde. Parlons de votre femme Ramzy.

 

RAMZY : Non merci.

 

RICARD BURTON : Si car contre toute attente, son film, « Il reste du jambon ? » a, à peu près fonctionné malgré des critiques assassines mais pas barbares. Matraquer les gens de publicité, vous ne trouvez pas cela choquant ? Tout cela pour communiquer autour d’un film ( ?) qui semble écrit et réalisé par des reprises de justice analphabètes ? Il suffit d’avoir travaillé chez Canal+ aujourd’hui pour avoir le droit de réaliser un film ?

 

RAMZY : Ricard, dédramatisez un peu ma petite merveille du monde. Le cinéma aujourd’hui ne veut plus rien dire. Aujourd’hui il sort plus de quinze films par semaine. Le cinéma n’est plus un art. Plus rien n’est art d’ailleurs. Aujourd’hui même vous pourriez réaliser un film.

 

ERIC : Ah oui. Même vous.

 

RICARD BURTON : Vous jouissez presque d’une immunité intellectuelle. Pourtant quand j’interroge les gens autour de moi, seulement ceux que je méprise profondément admettent qu’ils vous trouvent drôle. Certains vont même à raconter qu’ils ont vu certains de vos films plus de cinq fois. Autant vous dire que je ne les vois plus car entendre cela me donne des ulcères. Comment expliquez-vous ce consensus alors que vous n’avez pas le 1/10ème de l’intelligence des ZAZ par exemple dont vous pompez allègrement l’univers, l’esprit et la culture en moins ?

 

RAMZY : Nous ne sommes pas juifs. C’est cela que vous voulez nous faire dire n’est-ce pas mon petit Ferrero ? Cela ne nous gêne pas plus que cela à vrai dire car ils ne sont pas notre public principal. Loin de là d’ailleurs. A part une poignée de ceux vivant dans le 19ème ou le 20ème. Mais ceux des beaux quartiers, de la rue de Passy, ils ne se déplacent pas jusque nous. Ils ont Popeck, Michel Boujenah, Gérald Dahan. Il n’y a pas de cross-over, ils s’auto-suffisent.

 

RICARD BURTON : «  Il reste du jambon ? », « Halal police d’état », doit-on s’attendre à voir débarquer un « Spider Merguez» ou un « Seigneur de l’andouillette » dans les prochains mois ? Quelle est donc cette obsession que vous portez à la charcuterie dont vous vous bâfrez en ce moment même face à moi ? Et puis, vous croyez que d’avoir tourné dans l’un des navets de Quentin Dupieux va vous sauver du feu des critiques toute votre vie ? Vous êtes un accident industriel plus comparable à AZF qu’à une intoxication alimentaire dans un fast-food. Quand rendrez vous enfin les clefs de votre imposture ?

 

ERIC : Vous n’auriez pas des questions pour moi Ricard ?

 

RICARD BURTON : J’ai compris depuis longtemps que vous étiez un faux duo. Un peu comme une mono-nucléose.

 

RAMZY : Celle-ci mon frère, tu aurais dû me la laisser pour la suite des Dalton que nous préparons avec le fils de Daniel Prévost. T’es égoïste pour un type couleur fin de journée. Tu sens la savane et tu me donnes furieusement envie de faire un safari sur ta gueule mon petit mazout.

 

 

 

* Interview réalisée Eric&RamCitadium

Par ricard burton - Communauté : journalistes
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